ChatGPT enregistre vos clics sur Mac : ce que Computer History change en entreprise
L'application ChatGPT sur macOS peut désormais enregistrer vos clics et vos frappes pour proposer des automatisations. Une fonctionnalité opt-in qui pose une question de gouvernance des données avant tout déploiement en entreprise.
TL;DR.
OpenAI a ajouté à l'application ChatGPT pour macOS une fonctionnalité nommée Computer History, qui enregistre vos clics et vos frappes au clavier pour en construire une chronologie d'activité. ChatGPT et Codex peuvent consulter cette chronologie afin de suggérer des automatisations, apprendre votre façon de travailler ou repérer les tâches commencées sans être terminées. Pour une entreprise, l'enjeu est double : un gain de productivité potentiel, et une nouvelle surface de collecte de données à encadrer avant tout déploiement sur les postes de travail.
La fonctionnalité est opt-in : désactivée par défaut, elle ne s'active que si l'utilisateur le décide explicitement. Trois usages sont mis en avant : apprendre votre façon de travailler, proposer des automatisations, identifier les tâches inachevées. L'information est rapportée par The Verge. Le point sensible pour les directions informatiques tient au fait que le contexte utile à l'assistant correspond souvent à ce que l'entreprise considère comme confidentiel, et que rien n'empêche un collaborateur d'activer la fonctionnalité de sa propre initiative.
OpenAI a introduit dans l'application ChatGPT pour macOS une fonctionnalité baptisée Computer History, qui transforme votre activité sur l'ordinateur en matière première pour l'assistant. Concrètement, l'application observe vos clics et vos frappes au clavier, en construit une chronologie, et s'appuie dessus pour vous suggérer des automatisations ou reprendre une tâche laissée en plan. L'information est rapportée par The Verge. Pour une équipe qui envisage de déployer ChatGPT sur les postes de travail, c'est un double sujet : un gain de productivité potentiel, et une nouvelle surface de collecte de données à cadrer.
Ce que fait Computer History, précisément
Le principe est celui d'une mémoire de votre travail. L'application enregistre vos actions à l'écran et les agrège dans une chronologie que ChatGPT, ainsi que Codex (l'outil de génération de code d'OpenAI), peuvent consulter quand vous formulez une demande. Trois usages sont mis en avant par The Verge : apprendre votre façon de travailler, proposer des automatisations, et identifier les tâches que vous avez commencées sans les terminer.
La différence avec un assistant classique tient à ce contexte accumulé. Sans lui, vous devez réexpliquer à chaque requête sur quoi vous travaillez, avec quels outils et dans quel état d'avancement. Avec une chronologie d'activité, l'assistant dispose déjà de ces éléments. C'est aussi ce qui rend la fonctionnalité sensible : le contexte utile à l'assistant est exactement le contexte que votre entreprise considère souvent comme confidentiel.
Une fonctionnalité opt-in, avec des garde-fous
Point important : Computer History est opt-in, c'est-à-dire désactivée par défaut et activée uniquement si l'utilisateur le décide. Ce n'est pas un réglage à désactiver après coup, mais un choix explicite à poser en amont. La nuance compte pour les directions informatiques : rien ne se déclenche sans action de l'utilisateur, mais rien n'empêche non plus un collaborateur de l'activer de sa propre initiative.
Plusieurs mécanismes de contrôle accompagnent la fonctionnalité, selon The Verge :
- Exclure certaines applications et certains sites web de l'enregistrement.
- Supprimer des entrées de la chronologie, pour un contrôle plus fin de ce qui est conservé.
Ari Weinstein, Product and Engineering manager chez OpenAI, a par ailleurs indiqué sur X que Computer History ignorera automatiquement les contenus consultés en navigation privée ou en mode incognito. Autrement dit, un onglet privé reste hors du champ de l'enregistrement.
Pourquoi c'est un sujet de gouvernance, pas seulement d'outillage
La logique de Computer History déplace la question habituelle. Jusqu'ici, encadrer un assistant d'IA revenait surtout à définir ce que les collaborateurs avaient le droit d'y coller : un extrait de contrat, un fichier client, un bout de code propriétaire. Avec une fonctionnalité qui observe l'activité en continu, la collecte ne dépend plus d'un geste conscient de copier-coller mais de la simple présence d'une fenêtre à l'écran.
Cela soulève des questions concrètes pour les métiers qui manipulent des données sensibles. Un poste RH affiche des dossiers de personnel, un poste juridique des documents sous confidentialité, un poste financier des données non publiques. Le fait que la fonctionnalité soit opt-in ne règle pas la question : il reste à décider qui, dans l'organisation, a la latitude de l'activer, et sur quels postes.
Ce que ça change pour vous
Si votre entreprise utilise ou envisage d'utiliser l'application ChatGPT sur macOS, quelques points méritent d'être tranchés avant que la question se pose poste par poste :
- Décider d'une position explicite. Autorisée, interdite, ou autorisée sur certains périmètres uniquement. L'absence de décision revient à laisser chaque collaborateur arbitrer seul.
- Cartographier les applications à exclure. Puisque l'exclusion par application et par site est possible, la liste des outils métier sensibles (SIRH, CRM, outils juridiques, environnements de production) peut être définie en amont plutôt qu'improvisée.
- Vérifier la compatibilité avec vos engagements. Clauses de confidentialité client, obligations sectorielles, exigences RGPD sur les données personnelles traitées : un enregistrement continu de l'activité écran n'a pas le même statut qu'une requête ponctuelle.
- Informer les équipes. Le caractère opt-in signifie que l'activation viendra des utilisateurs eux-mêmes. Ils doivent comprendre ce qui est enregistré, et ce qui ne l'est pas.
Un signal sur la direction que prennent les assistants
Au-delà du cas OpenAI, Computer History illustre une tendance de fond : les assistants passent d'un modèle conversationnel, où l'utilisateur fournit le contexte à chaque échange, à un modèle observationnel, où l'outil construit son propre contexte à partir de l'usage réel. Cette évolution est ce qui rend possible l'automatisation de tâches répétitives sans configuration préalable, puisque l'assistant a vu comment vous les exécutiez.
Le compromis est lisible : plus l'assistant observe, plus il peut être utile, et plus le périmètre de données concerné s'élargit. Les entreprises qui auront défini à l'avance leur doctrine, quels postes, quelles applications, quelles données, aborderont ces fonctionnalités comme un choix d'outillage. Les autres devront trancher dans l'urgence, après coup.
La question n'est donc pas tant de savoir si ce type de fonctionnalité mérite d'être activé, mais de déterminer qui, dans l'organisation, est légitime pour en décider et sur la base de quels critères.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que Computer History dans ChatGPT sur Mac ?
Computer History est une fonctionnalité de l'application ChatGPT pour macOS qui observe vos clics et vos frappes au clavier. Elle agrège ces actions dans une chronologie de votre activité. ChatGPT et Codex peuvent consulter cette chronologie lorsque vous formulez une demande.
Comment activer ou désactiver Computer History ?
Computer History est opt-in : elle est désactivée par défaut et ne fonctionne que si l'utilisateur choisit explicitement de l'activer. Ce n'est pas un réglage à désactiver après coup, mais un choix à poser en amont. Rien ne se déclenche donc sans action de l'utilisateur.
À quoi sert la chronologie d'activité enregistrée par ChatGPT ?
Elle donne à l'assistant un contexte accumulé sur votre travail. Trois usages sont mis en avant : apprendre votre façon de travailler, proposer des automatisations, et identifier les tâches commencées sans être terminées. Sans ce contexte, vous devez réexpliquer à chaque requête sur quoi vous travaillez, avec quels outils et dans quel état d'avancement.
Pourquoi Computer History pose un problème de gouvernance des données en entreprise ?
Le contexte utile à l'assistant correspond souvent exactement à ce que l'entreprise considère comme confidentiel. Même si la fonctionnalité reste désactivée par défaut, rien n'empêche un collaborateur de l'activer de sa propre initiative. C'est ce qui en fait un sujet à cadrer avant tout déploiement sur les postes de travail.
Qui a rapporté l'existence de cette fonctionnalité ?
L'information est rapportée par The Verge, qui détaille également les trois usages mis en avant par OpenAI. La fonctionnalité concerne l'application ChatGPT pour macOS.